Fédération Départementale des Chasseurs du Finistère

Myxomatose chez le lièvre : point de situation et appel à la vigilance sanitaire

À la suite de la note de vigilance récemment transmise concernant la situation du lièvre dans le Finistère, nous souhaitons vous communiquer des informations sanitaires relatives à la circulation active du virus de la myxomatose chez le lièvre dans plusieurs départements français.

L’année dernière, nous vous informions de l’émergence du virus ha-MYXV au sein des populations de lièvres, avec des premiers cas signalés dans trois départements : le Loir-et-Cher (41), le Loiret (45) et la Charente-Maritime (17).

Ce variant du virus de la myxomatose serait issu d’un phénomène de recombinaison génétique entre un virus myxomateux et un autre poxvirus, dont l’identité reste à ce jour inconnue. Cette recombinaison a conduit à l’insertion de quatre gènes provenant de ce virus non identifié dans le génome du virus de la myxomatose. Ces modifications génétiques lui confèrent la capacité d’infecter différentes espèces de lièvres, tout en conservant son aptitude à infecter le lapin.

Évolution récente de la situation sanitaire

Au cours de l’été, la Charente-Maritime a connu un épisode particulièrement sévère, touchant plusieurs communes de la baie de l’Aiguillon ainsi que des communes limitrophes de la Vendée. Face à cette situation, certaines collectivités ont adopté des mesures conservatoires, notamment la suspension des prélèvements de chasse.

En octobre, des suspicions de myxomatose chez le lièvre ont également été signalées dans plusieurs autres départements : le Rhône (69), l’Isère (38), les Pyrénées-Orientales (66), l’Aude (11) et le Var (83). Des investigations sont actuellement en cours afin de déterminer si ces cas sont imputables au variant ha-MYXV.

À ce stade, aucune de ces informations ne permet de confirmer la présence du virus ha-MYXV dans le département du Finistère. Une surveillance renforcée demeure néanmoins nécessaire afin de détecter rapidement toute situation inhabituelle.

Risques sanitaires et précautions à prendre

Comme chez le lapin, les lièvres atteints peuvent développer des surinfections liées à des agents pathogènes opportunistes, notamment des affections cutanées telles que la teigne.

Il est donc recommandé de ne pas laisser les chiens entrer en contact avec des lièvres présentant des signes évocateurs de maladie ou retrouvés morts. Toute manipulation d’un animal suspect doit être évitée lorsqu’elle n’est pas indispensable. En cas de nécessité, les consignes de biosécurité doivent être appliquées : port de deux paires de gants et d’un masque de protection FFP2.

Consignes de vigilance sur le terrain

Afin de contribuer efficacement à la surveillance sanitaire de la faune sauvage, il est demandé à chacun de :

  • Renforcer la surveillance des populations de lièvres lors des observations et activités de terrain.
  • Signaler rapidement toute mortalité anormale, tout regroupement de cadavres ou tout lièvre présentant des signes évocateurs de maladie.
  • Éviter tout contact entre les chiens et les animaux suspects, qu’ils soient vivants ou morts.
  • Limiter les manipulations aux situations strictement nécessaires et appliquer les mesures de biosécurité SAGIR, notamment le port de deux paires de gants et d’un masque FFP2.
  • Ne pas transporter ni déplacer les animaux suspects, afin de limiter les risques de dispersion d’agents pathogènes.

Signalement immédiat des observations suspectes

Toute observation inhabituelle, mortalité groupée ou suspicion de myxomatose chez le lièvre doit être signalée sans délai à la Fédération départementale des chasseurs du Finistère.

La transmission rapide de ces informations est essentielle pour permettre les investigations sanitaires nécessaires et contribuer à la surveillance de l’évolution de la maladie.

La vigilance et la réactivité de chacun sont indispensables.


Pour aller plus loin

Retrouvez également notre précédente note de vigilance consacrée à la situation du lièvre dans le Finistère :