
Ce dimanche 11 octobre 2026 marque l’ouverture de la chasse au lièvre dans le Finistère. Jusqu’au 13 décembre, cette chasse fera vivre des moments de passion et de complicité avec les chiens. À cette occasion, la Fédération départementale des chasseurs du Finistère rappelle les enjeux essentiels de la saison : respect de la réglementation, adaptation des prélèvements et vigilance sanitaire.
Le lièvre, une passion au rythme des chiens
La chasse du lièvre est avant tout une histoire de passion, de complicité avec le chien et de communion avec nos territoires. Dès les premières heures du jour, lorsque la brume enveloppe encore les prairies et les champs du Finistère, chaque mode de chasse révèle ses émotions : la quête appliquée du chien, le travail dynamique des chiens leveurs ou encore la finesse du rapprochement et l’intensité des menées des chiens courants.
Parmi ces pratiques, la chasse du lièvre aux chiens courants occupe une place toute particulière dans notre patrimoine cynégétique. Elle incarne l’un des marqueurs forts de l’ADN de la chasse : le travail patient sur la voie, la lecture du terrain, la persévérance des chiens et cette musique si particulière de la menée lorsque, après avoir remonté la piste, ils lancent le lièvre.
Ces instants, où le savoir-faire du chien et l’expérience du chasseur se conjuguent, donnent à cette chasse une saveur incomparable. Ils témoignent d’une tradition vivante, transmise, sans jamais occulter la richesse et la légitimité des autres modes de chasse qui participent eux aussi à la passion du lièvre.
Mais cette passion ne peut se concevoir sans une attention particulière portée au gibier lui-même. Si le lièvre demeure présent dans de nombreux secteurs du Finistère, des diminutions de densité peuvent être constatées sur certains territoires. Redonner au lièvre toute sa noblesse, c’est préserver une espèce, faire vivre un patrimoine cynégétique et transmettre le plaisir d’une chasse respectueuse, exigeante et responsable.
En ce début de saison, notre responsabilité collective est donc essentielle : observer les populations, adapter les prélèvements aux réalités de chaque territoire et rester vigilants sur le plan sanitaire. C’est en conciliant passion, respect du gibier et gestion durable que nous pourrons continuer à faire vivre pleinement les émotions de la chasse du lièvre en Finistère.
1. Chasse collective du lièvre : les rappels réglementaires
La chasse à tir du lièvre est autorisée du 11 octobre au 13 décembre 2026 et soumise à un plan de chasse. Tout animal prélevé en exécution du plan de chasse doit être muni, sur les lieux mêmes de sa capture et avant tout transport, du dispositif de marquage réglementaire.
Une question revient régulièrement concernant les modalités d’organisation de la chasse au lièvre lorsque plusieurs chasseurs participent à la même action de chasse.
Le seuil de six détenteurs du permis de chasser validé présents en action de chasse ne suffit pas, à lui seul, à imposer le régime réglementaire de la battue.
Lorsque l’action de chasse porte exclusivement sur le lièvre, y compris en présence de six chasseurs ou plus, les obligations spécifiques prévues pour l’organisation des battues ne s’appliquent pas du seul fait du nombre de participants, sous réserve des dispositions réglementaires en vigueur.
Même en l’absence d’obligations spécifiques liées au régime de la battue, la chasse en groupe exige de chacun le respect strict des règles fondamentales de sécurité, l’identification formelle du gibier avant tout tir et une vigilance permanente quant au positionnement des autres chasseurs et des chiens.
En revanche, si l’action collective inclut également le renard, le chevreuil, le sanglier ou le cerf et réunit au moins six détenteurs du permis de chasser validé en action de chasse, les dispositions correspondantes doivent être respectées : organisation de la battue, port des équipements fluorescents réglementaires, rappel des consignes de sécurité, respect des règles de placement et de déplacement des chasseurs, ainsi que renseignement du carnet de battue.
Chaque responsable de chasse doit donc veiller à distinguer clairement une action exclusivement consacrée au lièvre d’une action de chasse incluant des espèces soumises au régime de la battue.
Pour connaître les dispositions applicables, consultez l’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse pour la saison 2026-2027 et le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) du Finistère.
2. Gestion des populations : adapter les prélèvements au territoire
Les populations de lièvres restent présentes dans le département. Toutefois, la situation est contrastée selon les territoires. Certains secteurs semblent atteindre un plafond de développement, tandis que d’autres connaissent une stagnation, voire une diminution des effectifs.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette évolution, notamment la pression de prédation exercée par le renard, dont le retour après les épisodes de gale sarcoptique peut constituer un facteur limitant localement.
Dans ce contexte, la Fédération appelle les responsables de territoires et les gestionnaires à faire preuve d’une vigilance accrue dans la maîtrise des prélèvements.
Les premières sorties de la saison doivent permettre d’apprécier la densité observée, la fréquence des contacts et la présence effective de l’espèce. Ces observations doivent guider les décisions de prélèvement, en adaptant la pression de chasse aux réalités locales.
L’objectif est de rechercher un équilibre entre :
- la préservation durable des populations de lièvres ;
- le maintien d’une gestion cynégétique adaptée à chaque territoire ;
- la prise en compte de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique et la prévention des dégâts aux cultures, notamment dans la zone légumière.
La connaissance du terrain et l’appréciation objective des effectifs doivent primer dans les choix de gestion.
3. Vigilance sanitaire : les précautions lors de la manipulation des lièvres
La manipulation des lièvres prélevés doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment au regard du risque de tularémie, une maladie infectieuse transmissible à l’être humain.
Il est essentiel de respecter les précautions suivantes :
- porter des gants étanches lors de la manipulation, de l’éviscération et de toute opération exposant aux tissus ou aux fluides de l’animal ;
- éviter tout contact direct avec les animaux présentant des signes anormaux ;
- éviter de manipuler les lièvres trouvés morts ou malades et contacter la Fédération pour connaître la conduite à tenir ;
- signaler à la Fédération tout cas suspect, toute mortalité inhabituelle ou tout regroupement d’animaux morts.
En cas de suspicion sanitaire, il convient de limiter les manipulations et de solliciter les services de la Fédération afin d’organiser, si nécessaire, un suivi adapté.
En cas d’exposition potentielle, demandez un avis médical en précisant le contact avec un lièvre.
4. Surveillance des mortalités : une vigilance renforcée
Des mortalités de lièvres associées à la myxomatose, présentée comme une souche espagnole dans les signalements locaux, ont notamment été rapportées en Charente-Maritime. Cette situation appelle à une vigilance renforcée dans les territoires finistériens.
Toute découverte de lièvres morts ou présentant des signes cliniques inhabituels doit être signalée aux services de la Fédération.
Ces remontées de terrain sont essentielles pour assurer une surveillance sanitaire, identifier d’éventuels foyers et adapter les mesures de suivi.
Un animal malade ou retrouvé mort ne doit pas être manipulé sans avis préalable et précautions adaptées.
Faire vivre une chasse responsable du lièvre en Finistère
À l’occasion de cette ouverture, la Fédération appelle l’ensemble des chasseurs et responsables de territoires à conjuguer respect de la réglementation, maîtrise des prélèvements et vigilance sanitaire.
La pérennité de l’espèce repose sur une gestion adaptée aux réalités locales, une observation rigoureuse des populations et une remontée rapide des informations de terrain.
La responsabilité de chacun est essentielle pour assurer une chasse durable du lièvre en Finistère et transmettre cette passion aux générations futures.
Bonne ouverture à toutes et à tous, dans le respect du gibier, des territoires et des règles de sécurité.